Récit du voyage - Etape 3

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Abisko, la Porte de Laponie

Nous voilà donc à Abisko, cette bourgade perdue tout au nord du Royaume de Suède, porte d’entrée du Kungsdelen, Voie Royale du trek qui traverse le pays sur 430km. Au paradis des marcheurs, nous enfilons pour la première fois du voyage nos chaussures de randonnée, à la découverte du Parc National d’Abisko.

Le départ se fait en début de matinée, et pour Héloïse, c’est tout simplement la première randonnée de sa vie, bien calée contre Papa dans son Ergobaby de compétition. Nous marchons sur un large chemin vers la Turiststation, centre touristique placé pile à l’entrée du Parc. J’y glane la carte des randonnées des environs et quelques indications. Pour la première balade de bébé, et avec ce temps incertain, nous nous contenterons d’une boucle jusqu’au lac Niahkajavri.
C’est un beau chemin au milieu des bouleaux qui suit les premiers kilomètres du Kungsdelen et les flots agités de la rivière. Le cours d’eau offre les plus belles réjouissances : un canyon de dolomie et un point de vue émeraude sur une boucle à 150° où nous nous arrêtons pique-niquer. Une pierre « Meditationsplats » y invite à une pause yoga.

De gros nuages s’amoncellent quand nous repartons, et à 13h50, nous entendons l’orage gronder au loin. La deuxième partie de la boucle passe donc en mode accéléré, et nous ne faisons qu’effleurer les rives du lac Niahhkajavri. Le chemin se transforme en parterre de bois, des planches permettent de franchir de larges zones marécageuses où nous profitons d’un panorama plus ouvert sur les sommets lapons. La traversée est superbe et nous évitons finalement l’orage. Rassuré sur ce point, nous faisons même un tour au bord d’un imposant canyon proche de la Turiststation avant de rentrer à Östra.
La pluie fait son apparition vers 16h30. Nous restons bien au chaud dans notre chalet jusqu’à la fin de la journée.

Ce matin, le temps est plus mauvais qu’on ne l’aurait imaginé. Parti de pas très bonne heure, on se fait surprendre par une pluie puissante au bout de quelques minutes. Notre refuge sera cette gare aux allures de Ministère de la mine. Faux départ, on rentre, et on retente notre chance en début d’après-midi. Cette fois, c’est la bonne !

« Quand te reverrai-je, pays merveilleux… »

On veut gagner un peu d’altitude, et un télésiège biplace nous permet de le faire sans effort. A 15 heures, nous gagnons les pentes du Mont Njulla au-dessus de la Turiststation. Les horaires de l’appareil ne nous laissent qu’une petite heure pour profiter du paysage. Le sommet de la montagne est trop éloigné, et on rejoint simplement quelques cairns posés sur les crêtes. C’est immense, c’est beau. Si seulement il y avait un rayon de soleil… La descente dure 20 minutes, soit autant que la montée, mais on n’est pas pressé de remettre les pieds sur terre.
On a vraiment du bol d’être passé entre les gouttes. La pluie reprend quand nous franchissons la porte du chalet. Nos colocs allemands n’auront pas cette chance. Ils rentreront trempés comme des soupes deux heures plus tard alors que nous préparons nos bagages pour la suite du voyage.
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