Récit du voyage - Etape 7

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Et si on s’arrêtait là…

C’est aujourd’hui notre 3e jour dans l’Ouest des Lofoten, et si le soleil refuse toujours de pointer le bout de son nez, on décide de partir sur les sentiers, d’autant qu’une éclaircie est annoncée dans la journée. On vous le disait, l’espoir fait vivre.

L’impossible randonnée

La randonnée star des Lofoten, c’est le refuge de Munkebu, au départ de Sørvågen.
Le routard annonce une randonnée accessible aux familles.. De quoi partir l’esprit libre avec le porte bébé. Après 45 minutes de bus, et une rencontre fortuite avec un groupe Terres d’Aventures (et son guide qui nous indique le départ du sentier), on s’élance sur le chemin de Munkebu.
On grimpe rapidement le long d’une cascade jusqu’à un premier lac. Le terrain est un peu humide, mais on passe sans difficultés. Jusqu’à un passage de cordes. J’avais entendu parler de ces cordes. Il y en a souvent en randonnée, pour se rassurer, pour s’aider. Celles-ci sont faites pour se hisser sur un rocher glissant et abrupt. Pour un parcours familial, c’est sacrément engagé.
Je passe en faisant très attention à ne pas chavirer ou glisser, mais je suis mal à l’aise, et me pose de vraies questions sur la descente. Ce n’est pas un endroit pour un bébé.
Quand on atteint le surplomb, on décide de s’arrêter pique-niquer, sans aller plus loin. Les randonneurs croisés nous expliquent qu’au refuge, on ne voit pas à 10 mètres, qu’il faut escalader des rochers pour y parvenir et que dans ces conditions, beaucoup se perdent dans la brume.
Pas de regrets donc aujourd’hui, la mauvaise météo a parfois du bon… Et dire que ce matin, j’imaginais pouvoir gravir le Mont Munken, au-delà du refuge pour admirer l’un des plus beaux panoramas des îles Lofoten.

La descente sera au final plus facile que la montée. Je me cramponne aux cordes en descendant sur les fesses, un style pas très académique mais efficace et sans danger. On se dit qu’on a peut-être surévalué la difficulté. On est en tout cas bien soulagés de rentrer sans bobo à Sørvågen. Chez Anna, un café ravissant sur le petit port, on se rafraichit en attendant le bus. Au final, ce village de Sørvågen nous est plus agréable que son voisin Å i Lofoten, visité deux jours plu tôt.
Quand on arrive au rorbu, le bilan de la journée, et de nos 3 jours à Ramberg n’est pas fameux. L’impossible idée d’une randonnée, des paysages moins hauts, moins beaux que dans nos rêves, notre logement envahi par les insectes… On a du mal à profiter pleinement, comme on le voudrait, de cette escapade aux îles Lofoten. Il suffirait d’une étincelle…

On appelle notre regretté camping de Skagen. C’est qu’on a du linge à laver et qu’on n’a pas envie de terminer le voyage nus (et culottés). On vient nous chercher en voiture. « Est-ce que mon frère vous a parlé du logement disponible ? » Non, il ne nous a rien dit. « On a un bâtiment dans le camping avec 5 chambres, l’une d’elles est disponible. »
C’est un petit cagibi, à peine la place pour mettre le lit bébé, la salle de bain est à partager, la cuisine aussi. On perd tout le confort du rorbu. Mais vous savez quoi, on n’hésite pas une seconde. On prend la chambre et on s’installe pour les deux dernières nuits à Skagen.
Nous y assistons à un coucher de soleil infiniment long, excessivement beau.

La Norvège, la Normandie et les Alpes

Aujourd’hui, pour notre dernier jour, nous avons décidé de rester à Flakstad, de ne pas prendre les transports, de ne pas nous lancer dans une randonnée au destin aléatoire. Et tant pis si notre séjour dans ces îles ne nous a pas permis de saisir toute la majesté des Lofoten. Tant pis si nous n’avons pas atteint le Nirvana qu’on nous avait annoncé ici et là.
On traîne au lit et sur notre terrasse pour le petit-déjeuner. On regarde tranquillement les caravanes prendre la route, les backpackers faire du stop à la sortie du camping. La quiétude des lieux reprend vite le dessus, et quand nous partons faire le tour du village, le camping est désert ou presque.
Flakstad est une toute petite commune installée sur un replat côtier, on y visite surtout l’église en bois et son mignon clocher à bulbe. Les taureaux paissent tranquillement dans les champs vallonnés à l’entrée du fjord. La campagne, la mer, la montagne… Flakstad est la combinaison sereine de la Normandie et des Alpes.
Juste au-dessus du village domine le Flakstadtinden, 480 mètres. Le sentier est semble-t-il aménagé, facile. On devrait pouvoir atteindre le point de vue au sommet. On grimpe sans difficultés la première partie, jusqu’à un cabanon qui sert de refuge. La suite est plus compliquée, le chemin boueux grimpant droit le long d’un pierrier de plus en plus raide. Trop compliqué. Héloïse prendra son biberon du soir dans le refuge plutôt qu’au sommet, dans l’ombre des nuages et des aiguilles noires, sur ce plateau perlé de lacs et de roches grises.
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